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6 février, journée internationale de tolérance zéro à l’égard des mutilations génitales féminines

Le 6 février a été déclaré par les Nations Unies Journée internationale de tolérance zéro à l’égard des mutilations génitales féminines.

Les MGF, une violation grave des droits des femmes et des filles

Les Nations Unies considèrent la pratique des mutilations génitales féminines (MGF) comme une violation des droits des femmes et des filles. C’est également une violation des droits de l’enfant car cette pratique concernet beaucoup de filles mineures. Les conséquences de MGF sur la santé des femmes et des filles sont graves et peuvent même entraîner la mort.

Les mutilations génitales féminines (MGF) concernent dans le monde 200 millions de femmes et de filles, dont 92 millions en Afrique. Les Nations Unies estiment que chaque année 3 millions de jeunes filles risquent de subir des mutilations sexuelles.

Dans le programme des Objectifs de Développement durable, les Nations Unies prévoient veulent atteindre d’ici 2030 l’abandon des pratiques néfastes comme les mariages forcés et précoces et les mutilations génitales féminines.

Respect our bodies

Resepct our bodies Aujourd’hui, le GAMS Belgique (Groupe pour l’Abolition des mutilations sexuelles féminines) sensibilise le grand public dans les villes d’Anvers, Bruxelles, Gand, Liège et Namur avec l’action "Respect our bodies". Par cette action, le GAMS délivre un message puissant : il est urgent de respecter le corps des femmes et des filles dans le monde entier, à commencer par la Belgique. En effet, une étude de prévalence réalisée en 2014* a estimé que En Belgique, plus de 13 000 femmes et filles sont concernées par la pratique, et plus de 4000 sont potentiellement à risque de la subir.

L’engagement de la Belgique pour combattre cette pratique

Depuis 2010, la Belgique a inclus la lutte contre les MGF dans son plan d’action national de lutte contre toutes les formes de violence basée sur le genre. Ainsi l’actuel PAN 2015-2019 prévoit 20 mesures pour combattre ce phénomène qui met en danger la vie des femmes et des filles :

1) Poursuivre le projet d’enregistrement des cas de MGF mené au sein des 10 hôpitaux ayant participé au projet en 2013 et 2014 (mesure mise en œuvre par la Santé Publique)

2) Contribuer à promouvoir l’échange d’informations entre les services publics et les centres d’expertise tels que l’ICRH, Intact et le GAMS, en matière de formation et d’avis concernant les MGF (mesure mise en œuvre par la Justice, l’Intérieur (police), la Santé publique, FEDASIL, la Flandre, la Fédération Wallonie-Bruxelles, la Région wallonne, la COCOF, la Région de Bruxelles-Capitale et la Communauté germanophone)

3) Création d’un pool d’animateurs communautaires (personnes-clés issues de la communauté et formées à la problématique) afin de pouvoir mener des activités de prévention au sein des communautés présentes en Belgique dans le cadre de la lutte contre les MGF, les violences liées à l’honneur et les mariages forcés (mesure mise en œuvre par la Fédération Wallonie-Bruxelles)

4) Développer et diffuser des outils de sensibilisation et/ou des formation destinés à promouvoir les droits fondamentaux des femmes et à dénoncer la violence contre elles, y compris les « pratiques préjudiciables » et les mettre à la disposition de la société civile et des acteurs de terrain, des chefs religieux et responsables locaux, et des prédicateurs et dignitaires religieux officiellement reconnus (mesure mise en œuvre par la Région de Bruxelles-Capitale)

5) Traduire et adapter le module d’e-learning MGF ‘européen’ au contexte belge (mesure mise en œuvre par l’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes (IEFH))

6) Maintenir les MGF dans la problématique de la maltraitance infantile dans la formation de base au sein des écoles de police (mesure mise en œuvre par l’Intérieur (Police))

7) Organiser de formations continues spécifiques concernant les mariages forcés, les violences liées à l’honneur, la violence entre partenaires, la violence sexuelle et les MGF pour les catégories professionnelles suivantes :

  • Les différents fonctionnaires de police de référence
  • Les différents magistrats de référence (cf. supra)
  • Les personnes en charge de l’assistance aux victimes au sein de la police
  • Les médecins généralistes
  • Accueil de première ligne + intervention de crise (0800/30.030/services des urgences//107)
  • Hôpitaux/SARC
  • Experts légistes
  • Personnes chargées des auditions en matière de violence sexuelles au sein de la police
  • Collaborateurs des services Asile et migration Office des Etrangers et Commissariat Général aux Réfugiés et aux Apatrides
  • Psychologues et psychologues spécialisés en traumatologie
  • Officiers de l’état civil service population (mariages forcés)
  • CPAS spécialisés –assistants sociaux-« Personnes de référence » MGF et violences liées à l’honneur au sein des CLB/PMS ; Kind en Gezin/ONE/Kaleido.

    Pour ces formations continues, des cadres méthodiques sont élaborés par forme de violence et par groupe-cible.Ces formations sont organisées de façon interdisciplinaire, interinstitutionnelle et multiculturelle, et elles tiennent compte des instruments existants (évaluation des risques) et des codes de signalement(cf. infra.)

    (mesure mise en &oelig:uvre par la Justice, l’Intérieur (police), la Santé publique, l’IEFH, la Flandre, la Fédération Wallonie-Bruxelles, la Région wallonne, la COCOF, la Région de Bruxelles-Capitale et la Communauté germanophone)

8) Former les professionnels actifs au sein du réseau d’accueil de FEDASIL en ce qui concerne la problématique des MGF et de la violence sexuelle, avec une attention spécifique pour la prévalence et les conséquences et l’évaluation et la gestion des risques (mesure mise en &oelig:uvre par FEDASIL)

9) Introduire une formation concernant la dimension de genre, les droits sexuels et reproductifs, l’aide existante et les lois pénales existantes (violence entre partenaires, violences liées au genre et MGF) et une sensibilisation aux questions relatives aux violences dans le parcours destiné aux primo-arrivants, en ce compris des informations pratiques visant à mieux outiller les femmes (mesure mise en &oelig:uvre par la Région wallonne et la COCOF)

10) Diffusion du « kit prévention » MGF à large échelle, notamment dans les écoles, 60hôpitaux, ONE/Kind en Gezin/Kaleido, PSE/PMS, CLB, SAJ, SPJ, etc. (mesure mise en &oelig:uvre par la Santé publique, la Flandre, la Fédération Wallonie-Bruxelles, la COCOF, la Région de Bruxelles-Capitale, la Communauté germanophone)

11) Sur le site web du SPF Affaires étrangères, dans les conseils aux voyageurs des pays concernés par cette pratique, mentionner l’interdiction pénale qui pèse sur les MGF, ainsi que le fait que même si les MGF sont pratiquées à l’étranger, des poursuites sont possibles en Belgique (mesure mise en œuvre par les Affaires Etrangères)

12) Evaluer et, si nécessaire, étendre les bonnes pratiques développées au sein de la maternité de l’hôpital d’Ixelles et du CHU Saint-Pierre à Bruxelles où un protocole MGF validé par toute l’équipe soignante permet de prévenir la réinfibulation et l’excision chez l’enfant (mesure mise en œuvre par la Santé publique)

13) Développer un programme de prévention des MGF dans le cadre des missions de l’ONE/Kind en Gezin/Kaleido couvrant :
- la désignation de fonctionnaires de vigilance au sein de ONE/Kind en Gezin/Kaleido et des PMS/CLB afin de suivre et d’accompagner les familles à risques,
- le dialogue avec les parents issus d’un pays/ethnie où l’excision est pratiquée,
- la consignation des constats dans le dossier médical et la transmission des informations à tous les professionnels concernés (mesure mise en œuvre par la Flandre, la Fédération Wallonie-Bruxelles et la Communauté germanophone)

14) Étudier les possibilités d’examen des organes génitaux dans le cadre de la médecine scolaire et l’organisationpotentiellede bilans de santé supplémentaires pour les enfants qui sont dans une situation à risque de MGF (en présence des parents et éventuellement d’un médiateur interculturel) (mesure mise en œuvre par la FWB, la Communauté germanophone)

15) Elaboration de directives concernant l’évaluation des risques et la communication avec les parents lorsqu’une MGF est constatée sur une femme qui a accouché à la maternité (mesure mise en œuvre par la Santé publique)

16) Examiner la possibilité de constituer un pool de médiateurs interculturels et d’interprètes formés en particulier à la problématique des MGF, des mariages forcés et des violences liées à l’honneur.(mesure mise en œuvre par l’IEFH en partenariat avec la Justice, l’Intérieur (police), la Flandre, la Communauté française, la Communauté Germanophone)

17) Mettre en place des mécanismes spécifiques de détection des MGF au sein des structures d’accueil couvrant l’insertion de la référence aux violences subies y compris les MGF dans le formulaire de l’intake médical, le suivi socio-médical de la personne, l’information sur le contexte des MGF en Belgique et le relais vers les organisations spécialisées (mesure mise en œuvre par FEDASIL)

18) Veiller dans le cadre du dialogue politique avec les pays où se pratiquent encore à large échelle les MGF à accorder une attention particulière au respect des termes du Protocole de Maputo que ces pays ont signé et pour la plupart ratifié, à ce qu’ils soient transcrits dans la législation nationale et appliqués (mesure mise en œuvre par la Coopération au développement et la Santé publique)

19) Faciliter les activités de sensibilisation, les séminaires et conférences sur les MGF dans les pays partenaires et au niveau régional (mesure mise en &oelig:uvre par la Coopération au développement)

20) Relancer la diffusion du passeport « STOP MGF » dans les ambassades belges à l’étranger et dans les travel clinics (mesure mise en œuvre par les Affaires étrangères (Direction générale des Affaires consultaires) et la Santé publique)

Plus d’infos

Ressources

Acteurs de la lutte contre les MGF en Belgique